Mon histoire sur ma reconversion d'architecte d'intérieur
Changer de voie après 20 ans dans le même environnement professionnel n’est pas une décision que l’on prend à la légère. Pendant deux décennies, j’ai exercé dans la fonction publique avec engagement et curiosité. J’ai rencontré des personnes passionnantes, découvert des univers professionnels variés, mené des missions en toute autonomie et occupé des postes où l’on me laissait la liberté de proposer et de créer. C’était un environnement rassurant, porteur de stabilité.
Mais malgré ces satisfactions, une frustration plus profonde m’accompagnait en silence : ne pas pratiquer le métier qui, au fond de moi, m’appelait depuis toujours — l’architecture d’intérieur.
Je n’en étais pourtant pas à mon premier pas dans cet univers. À 26 ans, j’avais tenté l’aventure entrepreneuriale en tant que décoratrice étalagiste. Mais le manque de maturité, de soutien et les priorités familiales naissantes m’ont conduite à interrompre cette route que j’avais pourtant rêvée. La vie a suivi son cours, la famille s’est construite et le projet a été mis entre parenthèses.
Prise de conscience...
Puis, à l’aube de la cinquantaine, en pleine période de COVID — moment si particulier propice à l’introspection — ce désir enfoui est revenu frapper à ma porte avec insistance. J’ai compris qu’il ne s’agissait pas d’une lubie passagère, mais d’une vocation que je ne pouvais plus ignorer. J’avais devant moi ce que je considérais comme ma dernière chance d’embrasser enfin ce métier qui me faisait vibrer.
Alors, j’ai choisi de me lancer. Pas sur un coup de tête, mais après un véritable travail d’introspection. J’ai cherché de l’information partout pour trouver les réponses à mes questionnements. Des heures de lecture de livres sur l’entreprenariat, le développement personnel et spirituel, des témoignages, des webinaires, des masterclass et des heures à écouter des podcasts sur ce que j’avais besoin de savoir. J’ai pris le temps de valider chaque paramètre : personnel, familial, social, économique… et surtout, j’ai travaillé ma confiance en moi. Car entreprendre, c’est oser, malgré les doutes et les voix extérieures parfois dissonantes.
"Ce n’est pas l’espace qui nous modèle, c’est à nous de créer l’espace qui nous porte."
Je me suis formée de nouveau : aux outils actuels, aux logiciels de dessin, au statut d’auto-entrepreneur, à la stratégie d’entreprise. Je me suis rapprochée d’entrepreneuses de mon domaine et pas que, des femmes enrichissantes et inspirantes. J’ai construit un socle solide pour bâtir ce nouveau chapitre. Le perfectionnisme a longtemps freiné mon envol, mais j’ai appris qu’il vaut mieux faire que viser le parfait, car la vie d’entrepreneur est une école d’apprentissage permanente.
Il n’existe jamais de « bon moment » pour se lancer. Il faut simplement écouter ce qui nous appelle et avancer pas à pas. Oui, c’est un chemin semé d’obstacles, souvent solitaire, mais riche en apprentissages et en rencontres. Et tant que le désir est là, il existe toujours une solution pour avancer.
Aujourd'hui...
Aujourd’hui, si je suis ici, c’est que cela faisait partie de mon chemin de vie. Les épreuves n’ont pas manqué dont une très personnelle qui a confirmé mes intuitions profondes, mais petit à petit, je retrouve un alignement à mes aspirations et mes valeurs que j’avais perdu dans ma vie d’avant, qui, insidieusement, m’éteignait à petit feu.
Je sais que cette aventure ne sera pas linéaire — la vie d’auto-entrepreneure est une succession de vagues, de hauts, de bas, de virages imprévus — mais elle me nourrit profondément. Elle me bouscule, m’apprend, m’offre parfois des instants de grâce, me forge et m’éveille. Elle donne un sens nouveau à mon quotidien et c’est ce qui compte pour moi aujourd’hui.
"Créer son chemin, c’est d’abord apprendre à écouter sa voix intérieure."
Ce chemin, je l’ai mené seule. Non pas par choix, mais parce que, lorsque l’on sort des sentiers battus, les soutiens ne sont pas toujours là où on les attend. J’ai appris à ne compter que sur ma propre énergie, mes ressources intérieures. Chaque étape — la formation, le montage du projet, le saut vers l’inconnu — je les ai franchie seule, portée par une conviction profonde : c’est MA voie.
Dans ce type de reconversion, il est essentiel d’être attentif à son intuition. C’est elle qui, au milieu du tumulte des peurs, des doutes et des injonctions extérieures, nous guide vers ce qui est juste pour soi. C’est la recherche de mon alignement, ce fil invisible en lien avec l’Univers qui m’indiquait que je devais avancer malgré les obstacles. Dimension spirituelle que je place aujourd’hui au cœur de ma démarche professionnelle : créer des espaces alignés avec l’être, porteurs de sens et d’énergie.
"Se réorienter, c’est un acte de foi en soi et en la vie."
Se réorienter, c’est un acte de foi. Une foi en soi, en son chemin, en ce que la vie nous invite à réaliser. Aujourd’hui, je ne regrette rien. Chaque pas m’a permis de me rapprocher de ce que je suis vraiment. Nous sommes des êtres humains complexes et imparfaits. Sachons entretenir notre singularité.
Et vous ?
En réflexion, en reconversion, en quête d’un projet aligné avec vos valeurs et vous vous posez beaucoup de questions. On peut en parler ensemble si vous le souhaitez. Car il n’y a rien de plus précieux que le partage d’expériences pour nourrir cette belle énergie du renouveau.
Ensemble, cultivons ce lien vers des chemins de vie plus vrais, plus vibrants.
A bientôt,
Véronique